Babette et Damien Briard, les trublions du Bordelais

Babette & Damien Briard, Agape

Il aura suffi d’une dégustation de vins dans le Valais, en Suisse, pour que Damien Briard renonce à son ambition de devenir ingénieur brassicole. À 16 ans, ce Namurois choisit sa voie : il sera vigneron. En 1990, il passe deux mois chez un autre Belge, Stéphane Defraine, au Château de Fontenille, qui vient lui-même de se mettre à son compte. Dès l’année suivante, il s’installe en France, décroche un BTS (brevet de technicien supérieur) en œnologie, fait un crochet par l’Afrique du Sud, entre à la Faculté d’œnologie de Reims, puis propose ses services à des domaines de plus en plus prestigieux. "J’ai fait 27 châteaux en dix ans." Rien d’autre à en dire, sauf que ces expériences multiples ont conforté sa volonté de ne pas faire les vins trop structurés, trop boisés, qu’on trouve à Pomerol ou à Saint-Émilion.

L’aventure Agape démarre en 2005, avec 4 hectares de vignes sur le plateau de Quinsac. Des vignes qui n’ont été ni taillées ni entretenues, mais qu’il faut vendanger quelques mois plus tard. Damien Briard loue un ancien séchoir à tabac à Sadirac et vinifie, deux années de suite, à la fortune du pot. La production, forcément limitée, sera vendue sous le nom "20 de table", un premier pied de nez aux convenances. C’est en 2008 seulement qu’il obtient les autorisations pour construire son chai : les cuves seront installées… la veille de la vendange. Depuis, il a annexé à ce bâtiment bardé de bois – forcément atypique – une petite maison familiale. "J’ai bien fait de ne pas réfléchir avant de me lancer, compte tenu de toutes les complications rencontrées en chemin. Mais, au final, être classé parmi les "atypiques" de Bordeaux, ça m’éclate !"

Atypique, voire carrément rebelle : Damien Briard n’est pas de ceux qui s’assagissent en vieillissant. Dans son coin, il est toujours le premier à vendanger, sacrifiant un peu de maturité pour baisser le degré d’alcool et préserver une belle vivacité. Depuis que la législation française le permet (2009), il utilise des copeaux de bois comme alternative à la barrique pour certaines de ses cuvées rouges.

La seule parcelle de Vermentino de Gironde

Agape, c’est 8 hectares de vignes répartis sur trois communes, dont 80% sont loués sous contrat de fermage. Pas d’autre choix possible car les propriétaires de ces terrains potentiellement constructibles continuent à attendre l’eldorado… Mûrissant sur un terroir argilo-graveleux ou argilo-calcaire, Merlot, Cabernet Sauvignon et Malbec entreront dans l’assemblage des rouges et du rosé ; Sémillon, Sauvignon gris et Sauvignon blanc dans celui du blanc. Damien Briard exploite également une parcelle de Vermentino - sans doute la seule de toute la Gironde ! et a planté plus récemment du Pinot gris et du Riesling (mais oui) sur deux micro-parcelles.

Le Namurois travaille ses sols de la manière la plus écologique possible, sans passer par la case "bio" qui l’obligerait à augmenter le prix de ses bouteilles ("hors de question !"). Grâce à un lâcher de vers de terre dans certaines de ses parcelles, par exemple, il y a fait passer la population d’invertébrés de 2 à 250 par mètre carré. "Ils font leur taf, au même titre que les coccinelles introduites par essaims dans le vignoble."

Des vinifications atypiques

Le chai est propre et net : un alignement de cuves en inox d’un côté et quelques barriques de 225 et 500 litres de l’autre. C’est ici aussi qu’on déguste, accoudé à un fût, en contemplant des rayonnages quasiment vides. Qu’on se le dise : il y a très peu de stocks chez Agape !

Après une vendange en fin de nuit, Damien Briard vinifie ses rouges à la beaujolaise – macération préfermentaire à froid pendant 24 heures et thermovinification des jus – avant de lancer la macération carbonique. Le rosé, quant à lui, est obtenu par pressurage direct comme en Provence, et non grâce à une macération pelliculaire courte, pratique la plus courante dans le Bordelais.

© popsss.com et L'Atelier Image

Update - 5 avril 2018

Agape a une production moyenne de 38 000 bouteilles, mais les conditions climatiques ont sévèrement rogné le nombre de bouteilles du millésime 2017 : il y en a eu 20 000 à peine. No stress toutefois : les rayons de Popsss sont bien achalandés !

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